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Le peuple qui manque coordonne la Mineure, dossier de cinq articles, du Multitudes n°35, hiver 2009
MINEURE : Cinémas Queer Introduction Aliocha Imhoff/ Kantuta Quiros
Art/Cinéma/Queer. Cartographie d’un art politique contemporain Aliocha Imhoff/ Kantuta Quiros
Ruins. Entretien avec Raphaël Vincent Aliocha Imhoff/ Kantuta Quiros/ Raphaël Vincent
Tongues Untied (extraits) Marlon Riggs
Descolonizando el cuerpo Aliocha Imhoff/ Kantuta Quiros
Mon sang est précieux Mujeres Creando
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Un article par Kantuta Quiros et Aliocha Imhoff autour des films féministes de Mujeres Creando est à retrouver dans la revue Offensive n°15. Nous le mettrons en ligne d'ici quelques mois.
OFFENSIVE 15 Trimestriel d'Offensive libertaire et sociale (OLS) Septembre 2007, 44 pages, 3 euros
En vente par correspondance au prix de 3.5 € (Chèque à l'ordre de Spipasso à renvoyer à Offensive c/o Mille Bâbords 61 rue Consolat 13 001 Marseille) et dans les très bonnes librairies (Quilombo, La brèche, Publico, Résistances, etc.).
http://offensive.samizdat.net/
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Source: http://etc.dal.ca/belphegor/vol2_no2/articles/02_02_GuiRou_morph_fr_cont.html
Par Catherine Guillot et Sandrine RouxA l'ère des nouvelles technologies, les artistes manipulent à l'envi le
corps et le visage de l'homme et utilisent le médium informatique pour
inventer de nouveaux corps. L'actualité du sujet se lie à l'intérêt
porté sur la représentation du corps de l'artiste sous forme de
portrait virtuel et d'hybridation technologique. C'est parfois
l'artiste lui-même qui se prête aux expériences multiples menées sur
l'organique et l'artificiel. Keith Cottingham, Orlan, notamment, ont
pour particularité d'interroger de manière très troublante les diverses
possibilités d'hybridation de leur propre corps. On retrouve ainsi, au
centre de leur travail, les thèmes du double et de la métamorphose. Les
artistes puisent à la fois dans un univers mythique ancestral
(métamorphoses d'Ovide, Prométhée, Narcisse etc.) et dans un imaginaire
collectif généré par les expériences scientifiques actuelles (clones,
chimères biologiques et bioniques). Entre mythe et réalité, les
artistes délimitent une zone intermédiaire.
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Source: http://www.fabula.org/lht/2/Dreyer.html
« Un des lieux communs qu’on rabâche dans certains milieux, c’est que
désormais la littérature n’aura plus qu’à jouer un rôle secondaire ;
l’avenir est au cinéma, à la télévision : je n’en crois rien. » Cette
réflexion de Simone de Beauvoir apparaît dans Tout compte fait1, volume
autobiographique qui accorde une large part au cinéma et à la lecture,
ainsi qu’aux voyages du couple Sartre-Beauvoir dans les pays
socialistes. L’interrogation est alors – déjà – d’actualité : le
triomphe de l’image programme-t-il la mort de la littérature ? Cette
question correspond pourtant, sur un mode moins naïf que celui du
« ceci tuera cela », à une véritable préoccupation. En effet, les
années soixante et soixante-dix voient l’essor de la consommation
audiovisuelle et de la pratique cinématographique individuelle. Les
intellectuels et les écrivains s’inquiètent de la fonction politique de
propagande de masse qui semble l’apanage des canaux audiovisuels et y
voient une menace à l’encontre de leurs propres efforts d’analyse. La
démocratisation de l’accès au matériel cinématographique peut aussi
leur apparaître comme une remise en cause de l’autorité de l’écrit
comme lieu des représentations et des interprétations, et une forme de
contestation ou de concurrence. Beauvoir a raison, certes : l’image ne
tuera pas l’écrit. Mais il demeure frappant que la question des
rapports entre ces deux moyens d’expression se pose alors sur un mode
antagonique, et non en termes d’influence réciproque ou de stratégie
globale.
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« Ce constat d'un peuple qui manque n'est pas un renoncement au cinéma politique, mais au contraire la nouvelle base sur laquelle il se fonde, dès lors, dans le Tiers-Monde et les minorités. Il faut que l'art, particulièrement l'art cinématographique, participe à cette tâche : non pas s'adresser à un peuple supposé, déjà là, mais contribuer à l'invention d'un peuple. Au moment où le maître, le colonisateur proclament «il n'y a jamais eu de peuple ici», le peuple qui manque est un devenir, il s'invente, dans les bidonvilles et les camps, ou bien dans les ghettos, dans de nouvelles conditions de lutte auxquelles un art nécessairement politique doit contribuer. L'auteur de cinéma se trouve devant un peuple doublement colonisé, du point de vue de la culture ; colonisé par des histoires venues d'ailleurs, mais aussi par ses propres mythes devenus des entités impersonnelles au service du colonisateur. L'auteur ne doit donc pas se faire l'ethnologue de son peuple, pas plus qu'inventer lui-même une fiction qui serait encore une histoire privée. Il reste à l'auteur la possibilité de se donner des intercesseurs, c'est à dire de prendre des personnages réels et non fictifs, mais en les mettant eux-mêmes en état de " fictionner " de " légender" de "fabuler". L'auteur fait un pas vers ses personnages, mais les personnages font un pas vers l'auteur : double devenir. La fabulation n'est pas un mythe impersonnel, mais ce n'est pas non plus une fiction personnelle : c'est une parole en acte, un acte de parole par lequel le personnage ne cesse de franchir la frontière qui séparerait son affaire privée de la politique, et produit lui-même des énoncés collectifs. »
Gilles Deleuze, L'Image-Temps, Editions de Minuit, 1985.
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