« L’utopie n’est pas le rêve. Elle est ce qui nous manque dans le
monde. Voici ce qu’elle est : CELA, qui nous manque dans le monde. Nous
sommes nombreux à nous être réjouis que le philosophe francais Gilles
Deleuze ait estimé que la fonction de la littérature comme l’art est
d’abord d’inventer un peuple qui manque. L’utopie est le lieu même de
ce peuple. Nous imaginons, nous essayons d’imaginer ce qu’il en serait
si nous ne pouvions pas inventer CELA, quand même nous ne saurions dire
ce qu’est CELA, sauf que nous savons qu’avec ce peuple et ce pays
peuplé nous serions et nous sommes plus près du monde, et le monde plus
près de nous. » Edouard Glissant, "La cohée du lamentin".
source:
http://www.republicart.net/disc/hybridresistance/steyerl01_fr.htm
Le débat concernant la globalisation culturelle est souvent associé à la soi-disant théorie post-coloniale. Quels sont les contours d'une telle association ? D'après Ruth Frankenbert et Lata Mani (1993, 292), le post-colonialisme se rapporte à une " conjoncture " spécifique des champs des forces sociales ainsi qu'à un type de positionnement politique relié aux conditions locales. Les pentes des pouvoirs géopolitiques influent de manière importante sur ces rapports sociaux. Elles influencent l'émergence de certains types de subjectivité, et par conséquent, la production artistique, ainsi que la formation des catégories cognitives et esthétiques reliées à la perception de celle-ci. Etant donné que les relations de pouvoir globales structurent à présent les conditions de vie dans l'ensemble de la planète, les effets des rapports de pouvoir post-coloniaux -d'après la définition de Frankenberg et Mani- sont également omniprésents. Les lieux où se font sentir ces effets ne sont pas extérieurs ni se trouvent au-delà des pratiques sociales et des frontières des sociétés occidentales. Ces frontières et pratiques participent plutôt à leur reproduction en tant que rapport social d'inclusion et exclusion simultanés.
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