Ariella Azoulay - Civil Alliances, Palestine, 47-48

La frontera nos cruzó

(la frontière nous a traversés)

Border Art Workshop/Taller de Arte Fronterizo (BAW/TAF) / Ariella Azoulay / Yael Bartana / Chen Chieh-jen / Ursula Biemann /Laura Waddington / Jean-Charles Hue / Simona Koch /  Babi Badalov / Christoph Doering / Yana Yo / Notorische Reflexe
Curaduría : Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós

Exposition au Musée de l’immigration de Buenos Aires
et dans le contexte du Festival Cinemigrante.
Du 19 septembre au 31 décembre 2015
Vernissage le 19 septembre

“Nosotros no hemos atravesado la frontera, la frontera nos ha atravesado.”
 (Los Tigres del Norte)

 « Una tierra fronteriza es un lugar vago e indeterminado creado por el residuo emocional de un límite no natural. 
La frontera entre México y Estados Unidos es una herida abierta donde el Tercer Pundo raspa contra el primero y sangra. 
Y antes de que se forme una costra, sangra nuevamente, la sangre vital de dos mundos que se fusionan para formar un tercer país, una cultura fronteriza. 
Herida abierta de 1.950 millas de largo / dividiendo un pueblo, una cultura /
que recorre la longitud de mi cuerpo / clavando cercas en mi carne / me parte me parte / me raja me raja »
Gloria Anzaldúa, Borderlands – La Frontera – The New Mestiza (1987)

Muro y pasaje, rotura y sutura, borde y umbral entre varios mundos. “La frontera nos cruzó” es una exposición de películas de artistas, dedicada a los imaginarios psíquicos y geográficos de las zonas fronterizas, como espacios conflictuados, en desplazamiento contínuo, en los cuales cabalgan diferentes lugares y temporalidades. Es a través de un tejido de narraciones e imágenes que afloran, como estos ‘espacios reales e imaginados’ son producidos, establecidos y vividos. Así como lo sugieró Barbara Hooper, el cuerpo es uno de los sitios mas critico para observar la producción y la reproducción del poder. Los seres fronterizos son en sí mismos fronteras : sus cuerpos son lugares en los que se encuentran, se cruzan y se superponen, como cicatrices, fronteras diversas, fronteras entre las lenguas, entre los géneros, entre vida y muerte. Espacios de entre dos, de desidentificación y de peligrosa alquimia, que secretan lo que otros llamaron ‘pensamiento fronterizo’.

http://untref.edu.ar/muntref/
http://www.cinemigrante.org/
http://www.cinemigrante.org/exposicion-la-frontera-nos-cruzo-le-peuple-qui-manque

Aliocha Imhoff & Kantuta Quirós donneront une conférence le 18 septembre 2015 au Centre Culturel Kirchner, Buenos Aires, dans le cadre du symposium international Encuentro de Pensamiento en présence de Judith Butler, Trinh T Minh-Ha, Göran Olsson, Maria Ruido, Françoise Vergès, etc.
Programme complet: http://www.cinemigrante.org/encuentro-internacional-de-pensamiento


 

The Border Art Workshop / Taller de Arte Fronterizo - San Diego-Tijuana 1986-2000

The Border Art Workshop / Taller de Arte Fronterizo – San Diego-Tijuana 1986-2000

The Border Art Workshop / Taller de Arte Fronterizo San Diego-Tijuana 1986-2000 (sélection des archives vidéo de BAW/TAF, 20 min)
End of the line, 12 octobre 1986, 3 min
Sutures, 1990, 2 min
600 Crosses 20 miles per hour, 2000, 3 min
Counter Performance Light Up the Border, 1987, 3 min
El Bordo-Tijuana, 198, 3 min
Oh George Oh Panama, 19  Octobre 1989, 4 min
Dans la lignée du Chicano Art Movement né aux Etats-Unis dans les années 1970, le collectif Border Art Workshop (BAW) / Taller de Arte Fronterizo (TAF) travaille depuis 1984 autour du topos politique, culturel et imaginaire de la frontière. Fondé à San Diego, par Isaac Artenstein, Sara Jo Berman, Jude Eberhard, Guillermo Gomez-Pena, David Avalos, Victor Ochoa et l’artiste et activiste Michael Schnorr (décédé l’an passé), la création du BAW/TAF a coïncidé avec l’édiction de nouvelles lois migratoires aux Etats-Unis, une intensification industrielle de la frontière, et la nouvelle centralité du multiculturalisme dans les débats artistiques américains. Entre activisme politique et land art, le BAW/TAF dénaturalise la frontière, devenant à la fois mur et passage, suture et  brisure.

Chieh-Jen Chen, Empire’s Borders, 2008-2010

Chieh-Jen Chen, Empire’s Borders, 2008-2010

Chieh-Jen Chen, Empire’s Borders, 2008-2010
«Le système de l’entretien pour l’obtention du visa n’est pas seulement l’exercice du pouvoir d’un État souverain pour surveiller et contrôler les mouvements de population au travers de ses frontières, c’est une stratégie par laquelle “l’Empire” discipline les peuples des pays plus faibles.” Chen Chieh Jen
Originaire de Taiwan, né en 1960, Chen Chieh-Jen œuvre entre installation, performance, photographie, vidéo, examinant l’histoire de Taiwan dans le contexte plus large de la mondialisation. Son travail porte notamment sur les effets de la migration, sur le devenir du monde ouvrier et de l’usine et la puissance de la diffusion des images. Les tournages des vidéos de Chieh-Jen Chen peuvent être considérés comme des « actes d’écriture des mémoires en marge », gelant« la colonisation de l’intérieur et de l’extérieur du pays ». Les créations de Chen Chieh-Jen ont fait irruption dans les années 1980, à l’époque où Taiwan était encore sous la loi martiale. Après la levée de la loi martiale en 1987, il a interrompu son travail artistique pendant neuf ans. Chen Chieh-Jen s’est fait remarquer à la fin des années 1990 avec les photographies et son film Lingchi – Echoes of historical photography qui ont fait le tour du monde des biennales et autres grandes manifestations internationales : Biennale de Sao Paolo et Taipei (1998), Biennale de Venise et Biennale de Photographie de Mexico (1999), Biennale de Lyon et Biennale de Kwang-ju, Photo Espana (2000), Galerie Nationale du Jeu de Paume (2001), Queens Museum, New-York (2001), Otis College of Art & Design, Los Angeles (2003). Toujours très présent, son travail a été vu récemment lors de nombreuses manifestations: Biennale de Venise, Biennale de Taipei, Tate Liverpool, Biennale of Sydney, entre autres. Il est représenté par la galerie Olivier Robert.

Laura Waddington - Border, 2004, 27 min

Laura Waddington – Border, 2004, 27 min

Laura WaddingtonBorder, 2004, 27 min
La cinéaste anglaise Laura Waddington, offre, de manière rare, avec son film Border,  et à l’aune de sa propre mise à l’épreuve, la puissance fragile et élégiaque du cinéma à saisir la condition des migrants dans le camp de Sangatte et simultanément une analyse des dispositifs répressifs et de contrôle migratoires.
« …Dans un récent film vidéo intitulé Border et consacré aux réfugiés du camp de Sangatte, Laura Waddington est parvenue à trouver la forme plastique juste pour un choix du tournage proche de l’aporie: il s’agissait de partager la vie et le risque encouru par les sans-papiers afghans ou irakiens cherchant obstinément à passer la frontière en direction de l’Angleterre. C’était en 2002: l’illégalité de la situation, la police à l’affût, les courses à travers champs, l’omniprésence de la nuit seulement éblouie par le danger des projecteurs d’hélicoptères, tout cela donne aux images de son film leur condition d’invisibilité, mais aussi, plus puissamment, de proximité avec ces hommes, ces femmes et ces enfants dont on ne voit presque jamais les traits – dont on entend, à un moment, les clameurs désespérées face à la police -, mais dont le film réussit à construire, admirablement, comme un poème, la dignité. Rendre aux figurants leur dignité, c’est-à-dire, d’abord, leur figure: l’éthique d’une image dépend souvent de cela. » Georges Didi-Huberman, “Figurants”, Dictionnaire Mondial des Images, Nouveau Monde Editions, Paris 2006
Née à Londres en 1970, Laura Waddington a étudié la littérature anglaise à l’université de Cambridge avant de s’installer à New York et puis Paris où elle a réalisé des films et des vidéos. Son travail a été présenté à des nombreux festivals internationaux de films, parmi lesquels ceux de Locarno, Rotterdam, Montréal, Edinburgh, New York Video Festival, Film Society of Lincoln Center, sur ARTE Télévision et dans des expositions et des musées comme le Centre Pompidou ou le Musée Reine Sofia. En 2005, une rétrospective a été organisée au 51ème International Short Film Festival Oberhausen et le 41ème Pesaro International Film Festival a rendu hommage à ses vidéos.

Tijuana Carne Viva de Jean-Charles Hue (2009, 96 min)

Tijuana Carne Viva de Jean-Charles Hue (2009, 96 min)


Jean-Charles Hue
Tijuana Carne Viva (2009, 96 min)
A Tijuana, des hommes et des femmes tentent d’échapper à la solitude et à la mort qui rôde. Un couteau en os de chien qui passe de mains en mains sert de fil conducteur et dessine la cartographie physique et fantasmatique d’une ville déchirée.
Une nouvelle fois, Jean-Charles Hue explore un territoire marginal en quête d’une humanité et de son inextinguible soif de vivre. Ode à la vitalité, naviguant entre documentaire et fiction, le premier long métrage de Jean-Charles Hue confirme la singularité de l’écriture de l’auteur de « Y’a plus d’os ».
Tijuana Carne Viva. Tijuana, ville frontière entre Mexique et Etats-Unis, plate-forme de l’immigration irrégulière, pays de chiens errants, géographie fracturée. Tijuana, travaillée aussi par les fractures mentales de ses habitants, junkies, putes, amoureux solitaires ou guérisseurs.  S’engageant dans un corps à corps tendu avec des personnages incertains «qui oscillent entre un ciel auquel il faut croire pour mieux exorciser la violence qui s’attache à cette vie terrestre », le dispositif documentaire de Carne Viva offre une autonomie aux récits de soi de personnages sur le fil, funambules au bord de la mort et d’une vie lumineuse, revivifiée.
Le spectateur ignore bien souvent ce qui y relève de la captation documentaire ou d’une mise en transe hallucinatoire de fragments d’existence. A Tijuana, il est possible de se réinventer mille destinées, par le pouvoir des mots, de la poésie insensée et de ces couteaux en os de chien, intercesseurs entre la violence terrestre et l’onirisme baroque, le monde des fantasmes et celui d’obscures forces.
Jean-Charles Hue est un réalisateur, plasticien et vidéaste français né en 1968 à Eaubonne.

Ursula Biemann – Performing the border (1999, Suisse-Mexique, 45’)

Ursula Biemann – Performing the border (1999, Suisse-Mexique, 45’)

Ursula BiemannPerforming the border (1999, Suisse-Mexique, 45’)
«Performing the border (1999, 45’) enquête sur les conditions de vie et de travail des femmes dans la vaste arrière-cour de l’économie américaine au sud de la frontière entre les États-Unis et le Mexique.Prenant comme point de départ une publicité de la société Elamex qui vend la main d’œuvre féminine au prix d’un dollar l’heure, la vidéaste montre que la construction sociale et technique de la frontière s’étend jusqu’à la sexualité de celles dont la « performance » est vantée dans l’image. Si le récit d’une femme « coyote » – ou passeur de frontière – permet d’envisager des sorties possibles de ce système de contrôle, l’histoire des meurtres en série autour de la ville mexicaine de Juarez pose des questions inquiétantes concernant la sérialisation de la vie humaine pour la fabrication de marchandises hi-tech (ordinateurs, etc.). » (Ursula Biemann, revue Multitudes 15, hiver 2004)
Artiste, théoricienne et commissaire d’expositions, Ursula Biemann est auteure de nombreuses œuvres autour des thèmes des frontières, mobilités et de la dimension genrée des migrations. Ses investigations portent sur des questions liées à l’émigration dans le contexte de la globalisation, les exclusions liées aux frontières géographiques, économiques et politiques, ainsi que la technologie et le genre. Elle est chercheuse à l’Institut pour la Théorie de l’Art et du Design à la HGK de Zürich. En 2009, elle a reçu le prix Meret Oppenheim.

Ariella Azoulay - Civil Alliances, Palestine, 47-48

Ariella Azoulay – Civil Alliances, Palestine, 47-48, 2012, 52′


Ariella Azoulay
Civil Alliances, Palestine, 47-48, 2012, 52′
Jews and Palestinians gather around a map of Mandatory Palestine to report a civil race against the clock taking place in palestine until the founding of the State of Israel in May 1948. Intense civil activity was happening throughout the country, mainly in urgent encounters, some short and spontaneous, others planned and carefully laid out in detail – in which participants raised demands, sought compromises, set rules, formulated agreements, made promises, asked for forgiveness, made efforts to reconcile and compensate – and did everything possible not to let violence take over their lives. They did their utmost to halt the violence that national and military forces were intent on igniting and negotiated with each other in order to create mutual civil alliances. This film is basedupon civil/historical/visual research.
Ariella Azoulay is Professor of Comparative Literature and Modern Culture and Media, Brown University, independent curator and film maker.

Simona Koch – Borders, video,  since 2010
“Living things leave behind traces through their mere existence, the paths they embark on, the actions they perform, and in doing so influence the lives of other organisms. They have a tendency to mark their territory or, like man, to draw borders. National borders describe the limits of dominions. A border always means both inclusion and exclusion, and has an impact on political, social, cultural and economic factors. Generally, the shifting of borders occurs during wars and involves bloodshed, human and ecological tragedies. For exiles and refugees it means the loss of their native country, roots and places dear to them. For nature it can entail the clearing of entire swathes of land. In the case of the Spanish Armada in the 16th century, half of the country was cleared to build a flotilla with which the Spaniards sought to conquer England. Legend has it that in the years before this mass clearance, squirrels could travel from the Pyrenees to Andalusia jumping from one tree to the next without ever touching the ground. Yet border conflicts also bring about the loss of cultural roots – even many generations later the traces of a border shifting are still palpable. I have visualized these traces in a series of video animations. First I used historical maps to research the shifting of borders. Then in the animation I drew the borders in pencil on a blank sheet of paper, repeatedly erased them and replaced them chronologically by the subsequent border lines up until the present day.
With the view from above one can observe mankind digging itself through earth like barke-beetles. Then finally today’s borders get erased, too. What remains is the vague shape of the respective world region portrayed by a myriad of blurred lines.”
Après avoir obtenu un diplôme en design graphique, Simona Koch a étudié à l’Académie des beaux-arts de Nuremberg en Allemagne. Son travail multi-supports est montré à travers le monde, notamment à l’occasion de l’exposition « Anti-Atlas des frontières » au musée des Tapisseries, à Aix-en-Provence ou “Sécession Europe”, à Berlin. Elle a reçu plusieurs prix et bourses, comme la bourse du ministère de l’Éducation et des Affaires culturelles bavarois, qui a donné naissance au projet ORGANISM 4/Fungi en 2009. Elle a également obtenu le Kunstförderpreis, prix bavarois pour les arts visuels, en 2012.

Simona Koch - Borders Europe

Simona Koch – Borders / Europe, 2010 – Animated pencil drawing, 1:40 min / loop, mute –


Yael Bartana
– The First International Congress of the Jewish Renaissance Movement in Poland, 2012
«  Nous  puisons dans le passé, dans le monde des migrations, des mouvements géopolitiques, de  la destruction de la réalité que nous connaissons, pour projeter un nouvel avenir. C’est notre proposition pour une époque d’épuisement de la foi, de la crise de la chute des  vieilles utopies. L’optimisme s’éteint. Les paradis promis ont été privatisés. (…) Nos frères et sœurs polonais. Nous ne planifions pas une invasion. Il s’agira plutôt d’un  cortège de fantômes, du retour des anciens voisins qui hantent vos rêves et que vous n’avez peut-être pas connus. Nous allons parler avec force de toutes ces mauvaises choses qui se sont passées entre Nous et Vous. Nous allons corriger ensemble les cartes de l’Histoire qui ne se sont jamais déroulées comme nous l’avons précisément souhaité. » Manifeste du Mouvement du Renouvau Juif en Pologne (traduction Zofia Waslicka)
Durant la dernière Biennale de Berlin, l’artiste israélienne Yael Bartana lançait le Premier Congrès du « Mouvement du renouveau juif en Pologne », projet artistique qui engage une tentative de redéfinition de la mémoire des Polonais sur les Juifs et la mémoire juive à l’égard la Pologne.
“En pleins débats sur la persistance inquiétante de l’antisémitisme polonais, après le génocide des trois millions de Juifs polonais durant la Shoah, le Mouvement pourrait relever d’une démarche de « réparation historique », en redonnant une place au cœur de ce pays à une présence juive, qui achèverait une réelle désantisémitisation de la Pologne contemporaine, à l’image du procès de dénazification qui eut lieu en Allemagne, dans les années 1970. « Que les trois millions de Juifs qui manquent en Pologne viennent à son chevet et chassent enfin ses cauchemars. Retournez en Pologne. Dans votre et notre pays. […] ». Un Congrès du Mouvement opèrera, quant à lui, un déplacement indécidable dans l’espace physique, puisqu’il se tient effectivement, du 11 au 13 mai 2012, au sein de la Biennale de Berlin. Durant ce congrès grandeur nature et animé par de nombreuses personnalités du monde politique, intellectuel et du monde de l’art (Boris Buden, Charles Esche, Galit Eilat, Berit Fischer, Nataša Ilić, Catrin Lorch, Nina Möntmann, Oleksiy Radynski, David Riff, entre autres), une constitution est ainsi établie au travers de votes ouverts au public et au travers de questions telles que « Comment changer la Pologne au sein d’une Union européenne réinventée? Comment changer l’Union Européenne afin qu’elle mette en place une politique d’hospitalité pour l’Autre ? ». Le dispositif délibératif, qui se joua durant ces trois jours, conduira à établir une proposition d’agenda pour l’Europe et le Moyen-Orient. Désormais, ce Congrès et ce parlement – à l’image d’un parlement en exil, au sens où ses décisions n’ont pour le moment pas encore d’applicabilité politique dans une institution politique qui les rendrait efficientes – relèveront d’un acte sur l’histoire, en tant qu’ils deviendront ce qui a eu lieu. “
Kantuta Quiros & Aliocha Imhoff, extrait de “Ecriture de l’histoire et politiques du futur. Notes sur quelques fictions historiographiques”. in (dir.) Mélanie Bouteloup, 36 Short Stories, Anthologie Bétonsalon – Centre d’Art et de Recherche 10 ans, Co-édition Bétonsalon et Beaux-Arts de Paris Editions, 2015

Yael Bartana - The First International Congress of the Jewish Renaissance Movement in Poland at the Berlin Biennial, 2012, vidéo still, courtesy the artist and Bartana Studio

Yael Bartana – The First International Congress of the Jewish Renaissance Movement in Poland at the Berlin Biennial, 2012, vidéo still, courtesy the artist and Bartana Studio

Babi Badalov
Né en 1959 à Lerik (République d’Azerbaïdjan), Babi Badalov vit aujourd’hui à Paris. “Babi Badalov est réfugié politique en France, après trois ans de clandestinité. Il a vécu dans bien des régions du monde. Il y a entendu et lu des langues nombreuses, imprimées dans toutes sortes d’alphabets et de signes. Il est réputé en parler sept. Elles sont le matériau de ses oeuvres, que l’on ne peut qualifier ni de peintures, ni de dessins bien qu’elles aient des tissus ou des papiers pour support. Ce sont des fantaisies graphiques et calligraphiques. Noms propres et noms communs y glissent d’une langue à l’autre, par affinités sonores et approximations orthographiques. Ces métamorphoses sont tracées avec la sûreté de geste d’un enlumineur qui enroule et déroule des volutes noires autour des lettres et avec des subtilités de scribe polyglotte – d’un scribe lunatique qui se plairait à inventer des écritures indéchiffrables. Plus que des lettristes, Badalov semble proche d’Henri Michaux mais d’un Michaux qui dessinerait et écrirait du même mouvement. Il est rare d’être confronté soudain à une oeuvre si profondément singulière et poétique.” Philippe Dagen, Le Monde, 2015
Ses oeuvres sont aujourd’hui entrées dans de nombreuses collections à travers le monde, parmi lesquelles le Russian Museum de St. Petersburg (Russie), le MuHKA Museum Contemporary Art d’Anvers (Belgique), l’Azerbaijan State Museum of Art de Baku (Azerbaïjan), le Kunstmuseum d’Emden (Allemagne), le Mar- tigny Art Museum (Suisse), la collection Oetcker à Bielefeld (Allemagne), la collection Arina Kowner à Zurich (Suisse), ou encore le Zimmerli Art Museum (New Jersey, Etats-Unis).

Babi Badalov - Land scape, 2015, Peinture sur tissu 74 x 122 cm, Courtesy Galerie Jerome Poggi

Babi Badalov – Land scape, 2015, Peinture sur tissu 74 x 122 cm, Courtesy Galerie Jerome Poggi


Yana Yo – Sax, 1983, 6 min
Notorische Reflexe – Fragment Video, 1983, 12 min
Christoph Doering – 3302- Taxi Film, 1979, 14 min
“Entre la fin des années 1970 et la chute du mur en novembre 1989, une génération de cinéastes expérimentaux ouest-berlinois issus du mouvement Alle Macht der Super 8 (Le super 8 au pouvoir !) invente un cinéma punk en super 8, avec en toile de fond la partition de l’Allemagne par le Mur de Berlin. Ce mouvement méconnu donne naissance à une imagerie virtuose et onirique. Un style ; une attitude où s’explore, au cœur du Berlin underground, cette ville encapsulée, emmurée, une poétique urbaine, tantôt fébrile, tantôt mélancolique ou vénéneuse.De ce rapprochement entre cinéastes, artistes et musiciens naît une alchimie propice à toutes les expérimentations visuelles, qui annonce autant le clip qu’elle saisit, de manière aiguë, les énergies de la contre-culture, qui font de ces années-là, qui ne sont pourtant plus celles des révolutions en marche, des années rebelles. Issu des avant-gardes berlinoises et de la culture des clubs et de la nuit, ce cinéma flamboyant marie post-punk strident, musique synthétique, jazz aérien, aux techniques expérimentales (grattage, peinture sur pellicule, montage très rythmé) qu’ils transcendent de leur vitalité désespérée. ” Kantuta Quiros & Aliocha Imhoff, 2009

Christoph Doering – 3302- Taxi Film, 1979, 14 min

Christoph Doering – 3302- Taxi Film, 1979, 14 min

Christoph Doering – 3302- Taxi Film, 1979, 14 min

Christoph Doering – 3302- Taxi Film, 1979, 14 min

Notorische Reflexe – Fragment Video, 1983, 12 min

Notorische Reflexe – Fragment Video, 1983, 12 min

 


 

Remerciements : CineMigrante (Florencia Mazzadi, Juan Pablo Alvarado, Vicente Bustos, Wanda Siri, Sofia Quiros, Christian Jankowski, Rosario Castelli, Guillermo Camacho)), l’Institut Français et l’Ambassade France en Argentine (Christian Tison,  Massimo Saidel, Martina Pagnotta, Antoine Sebire), Museum of the Immigration – MUNTREF (Diana Wechsler), Galerie Olivier Robert, Galerie Jérôme Poggi (Jérôme Poggi, Simon Poulain), Yael Bartana, Laura Waddington, Ariella Azoulay, Chieh-Jen Chen, Babi Badalov, Ursula Biemann, Simona Koch, Jean-Charles Hue, Yana Yo, Christoph Doering, Border Art Workshop/ Taller de Arte Fronterizo, Michael Schnorr Estate (Susan Yamagata, Judy Jonte), David Avalos, le Quartier (Keren Detton, Ana Olszewska), Philipp Horrichs, Saskia Wendland.

Cette exposition est dédiée à la mémoire de Michael Schnorr, artiste et membre fondateur du Border Art Workshop / Taller de Arte Fronterizo, décédé en 2012.

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