IM/MUNE
Fabrique virale, Guérilla contre-biopolitique et Pratiques performatives

Le peuple qui manque, invité pour la section audiovisuelle de l’exposition IM/MUNE (11-27 novembre 2011, Bourges) ainsi que pour deux soirées de rencontres (23 et 24 novembre 2011) présentera les travaux de :

Hervé Guibert / Lionel Soukaz / Marlon Riggs / DV8 Physical Theatre / Guillaume Dustan / David Wojnarowicz, Marion Scemama, François Pain / Nelson Sullivan / Rosa von Praunheim / Sothean Nhieim / DIVA TV / James Wentzy & AIDS Community Television (Political Funerals) / Christian Poveda


Curateurs : Aliocha Imhoff & Kantuta Quiros


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“Si, à chaque modèle de pouvoir correspond un modèle de corps malade, de gestion de la vie dans la ville, et une utopie d’immunité nationale et politique, quel est, après la peste et la syphilis, le modèle de pouvoir qui caractérise la société du sida ? (…) À partir de l’activation d’une archive des ressources culturelles (documents, documentaires & fictions vidéo, pratiques artistiques, performances, luttes activistes, critique du discours scientifique, ...) produites en réponse au sida depuis son invention dans les années 80 jusqu’à aujourd’hui, IM/MUNE ouvre un espace d’interlocution, de production de discours et de visibilité entre activistes et artistes pour penser la mutation des techniques de gestion biopolitique du corps, et élaborer des stratégies culturelles et micropolitiques de lutte, non seulement contre l’épidémie mais aussi contre son idéal politique d’immunité.” Beatriz Preciado

La programmation vidéo proposée par le peuple qui manque explore la manière dont des pratiques artistiques liées au sida,  activées à partir des années 80, ont pu renouveler, de manière radicale, formes narratives et contrats filmiques, en faisant de l’autonarration le lieu d’une politique de soi. Aux confins du journal filmé, de l’autofiction, de la poésie, de pratiques performatives telles que le spoken word, la vidéodanse (DV8 Physical Theatre) ou la black queer poetry, ces œuvres ont pu emprunter les genres du film d’écrivains (Hervé Guibert, David Wojnarowicz, Guillaume Dustan), ou de dispositifs diaristes qui relèvent du cinéma expérimental (Lionel Soukaz),  de la vidéo (Nelson Sullivan) ou du film-essai (Marlon Riggs). Cette réappropriation des récits de soi et des écritures de l’histoire est encore au cœur du projet de médiactivisme qu’ACT UP élabora, dès ses débuts, avec des expériences contre-télévisuelles collaboratives (DIVA TV, AIDS Community Television) ou d’activisme culturel (Rosa von Praunheim). Enfin, cette programmation s’attache au déplacement et à la reformulation des rituels de deuil, envisagés à partir d’une politisation des pratiques processionnelles : avec les sépulcrales processions de Sothean Nhieim, ainsi qu’en présentant une importante archive (produite par le vidéaste James Wentzy), restituant les  « Ashes actions » et les  Funérailles politiques, « imaginées » par David Wojnarowicz, actions publiques qui figurent parmi les plus belles  d’Act Up.

Aliocha Imhoff et Kantuta Quiros



Remerciements

Beatriz Preciado, Nadège Piton, Erik Noulette, Climage (Stéphane Goël), Rosa von Praunheim et Markus Tiarks, Arthaus Musik GmbH (Amélie Brune), DV8 Physical Theatre (Amy Jane Clewes), Christophe Bichon, Documentaire sur Grand Ecran (Laurence Conan), Compagnie des Phares et Balises (Irad Sachs, Emmanuelle Viard), Frameline (Sarah Deragon), Sophie Baranes, Jim Hubbard, James Wentzy,  Daniello Cacace, Sothean Nhieim, Lionel Soukaz, Marion Scemama, François Pain.



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Lida Abdul - Once Upon Awakening
Once Upon Awakening - Lida Abdul
courtesy the artist and Anna Schwartz Gallery