POLYPHONIX

Festival d’Automne au CENTQUATRE


Jean-Jacques Lebel et le Festival d’Automne à Paris fêtent les 30 ans de Polyphonix au CENTQUATRE, les 6 et 7 novembre 2009.

Polyphonix est le nom d’une association autogérée par des artistes qui, depuis 1979, a organisé un festival international résolument nomade et protéiforme, de poésie sonore, de performance, de vidéo et de musiques variées. Plus de mille huit cent intervenants originaires d’une trentaine de pays ont déjà participé à Polyphonix en des lieux aussi variés que des grands musées, des universités, des asiles psychiatriques, des stations de métro, des théâtres ou des salles de concert et des espaces alternatifs de toute sorte dans plus de quarante villes à travers le monde.

Le peuple qui manque propose en association avec Jean-Jacques Lebel deux séances de cinéma, constituant une anthologie imagée, un échantillonnage affectif de quelques uns des moments les plus intenses de la grande aventure Polyphonix qui a présenté ces centaines de poètes sonores et poètes en action, et tels que les ont filmés, tout au long de ces trente années, de nombreux réalisateurs captant, sur le vif, du film documentaire à la vidéo d’artiste, la puissance de leur verbe agissant.


Projections

Vendredi 6 novembre – 18h
Salle 200 – Entrée Libre

En présence de Jean-Jacques Lebel, Françoise Janicot,
François Pain, Aliocha Imhoff, Kantuta Quiros

Jacqueline Cahen de Jean-Pierre Sergent (7 min, 2009)
Hommage à Jacqueline Cahen-Sergent, récemment disparue, poétesse, écrivaine et traductrice, qui fut co-organisatrice
avec Jean-Jacques Lebel de l’aventure Polyphonix.

les-diables-de-brion-francoise-janicot-1.jpgLes diables de Brion de Françoise Janicot (20 min, 1974, extrait)
Bande son constituée par une improvisation de Françoise Janicot, Bernard Heidsieck, Laurence Lacina, Ricki Stein, Ariel Kalma (saxophone, flûte), de chats et de moog- synthétiseur.
Issue d’une Lettre à Brion Gysin, cette bande vidéo est dédié aux incantations magiques du peintre et écrivain de la Beat Generation, Brion Gysin, inventeur avec William Burroughs du cut-up littéraire. Alors qu’en 1974, Gysin se fait opérer d’un cancer à Londres, Françoise Janicot, Bernard Heidsieck et des amis poètes et musiciens lui envoient cette lettre “sonore”. « Réalisée sur le fameux revox A 700 d’Heidsieck, elle prononce, à plusieurs voix, s’interférant, se répondant, les nom et prénom de Gysin. Envoi au sens premier, hommage, spéciale dédicace, que dire d’autre que le nom de son destinataire, dégorgé, catapulté en un seul souffle d’énergies multiples. Pièce polyphonique, cette lettre est une partition vitale pulsée par l’amitié. Brion Gysin sut l’entendre, il eut une rémission de dix années »

monument-a-felix-guattari.jpgMonument à Félix Guattari de François Pain,
sur une idée de Jean-Jacques Lebel (90 min, 1995)
Ce film a été tourné en 1994/95, à l’occasion de l’exposition “Hors Limites, L’art de la Vie” au Centre Pompidou, autour de la grande machine multimédia de Jean-Jacques Lebel intitulée Monument à Felix Guattari. Ont activement participé à ce travail collectif un grand nombre de philosophes, d’artistes, de psychiatres, de musiciens, de poètes, amis et collaborateurs de Guattari. Entre autres : Raymond Bellour, Jacqueline Cahen, Daniel Caux, Pascale Criton, Mony Elkaim, Paolo Fabbri, Robert Fleck, Allen Ginsberg, Edouard Glissant, Ilan Halevy, Bernard Heidsieck, Joël Hubaut, Françoise Janicot, Allan Kaprow, Jean-Pierre Klein, Arnaud Labelle-Rojoux, Pierre Levy, Made in Eric, Valérie Marange, Ouzi Deckel, Christine Piot, Serge Pey, Jean-Claude Pollack, Jérôme Rothenberg, Oreste Scalzone, René Scherer, Danielle Sivadon. Ils y évoquent la schizoanalyse, l’antipsychiatrie, la révolution politique et sociale, les trois écologies, l’art, la philosophie, la linguistique, le travail de Félix Guattari avec Gilles Deleuze… Incluses dans le montage, de nombreuses interventions filmées de Félix Guattari complètent ce film rhizomatique préfiguré par le rêve dont il fait lui-même le récit de base dans le Monument. Ce Monument à Félix Guattari est l’hommage à la fois affectueux et militant, ému et collectif rendu par Jean-Jacques Lebel à celui qui fut son ami intime, son camarade de combat, son allié fondamental.


Samedi 7 novembre – 18h
Salle 200 – Entrée Libre

En présence de Jean-Jacques Lebel, Raoul Sangla,
Aliocha Imhoff, Kantuta Quiros

polyphonix4.jpgPolyphonix 4 de Jacques Boumendil (7 min, 1984, extraits)
Lectures-performances de Michael Mac Clure et François Dufrêne, extraites des archives filmées de Polyphonix 4.
Polyphonix 4 s’est tenu à Paris du 21 au 29 juin 1982 (American Center – 21 et 22 juin ; Goethe Institut – 23 juin ; Centre Georges Pompidou – 24 au 28 juin ; Espace Roquette le 29 juin).

the-cut-ups-2.jpgThe Cut-Ups de Brion Gysin, William S. Burroughs, Anthony Balch (18 min, 1966)
Film de fiction tourné à New York, Londres et Paris,
avec William Burroughs et Brion Gysin.
&
Towers open fire de Antony Balch font> (9 min, 1963)
Scénario, William S. Burroughs
avec Antony Balch, William S. Burroughs, David Jacobs, Bachoo Sen, Alexander Trocchi
Deux films issus des noces entre le cinéma et la poésie des géants de la Beat Generation, qui ont accompagné de nombreuses fois, par leurs lectures publiques, l’aventure Polyphonix. Les traductions filmiques de la poésie de William Burroughs et Brion Gysin furent à l’image de leur écriture : expérimentales et faisant appel à la technique du “cut-up”, méthode chaotique et aléatoire dérivant du collage dadaïste, prélèvement de fragments de textes et d’images, assemblés dans le but de faire émerger de nouvelles significations.
towers-open-fire-1.jpgWilliam Burroughs travailla dès 1959, à partir de cette méthode, avec le poète, plasticien et musicien Brion Gysin, qui en fit la découverte le premier. Au cinéma, ils réalisèrent notamment Towers Open Fire et The Cut-Ups, avec l’anglais Antony Balch, deux films travaillés par un collage musical et visuel également obsédants. On y aperçoit la mythique Dreamachine, dispositif mis au point par Gysin et Ian Sommerville en 1960, machine à produire des images hypnotiques, et d’autres seuils de réalité. La Dreamachine représente en fait le cinéma lui-même, à son état le plus pur.

gherasim-luca-2.jpgGhérasim Luca, comment s’en sortir sans sortir de Raoul Sangla (56 min, 1988)
“A quoi bon des poètes en un temps de manque ?”, questionnait Hölderlin.
“Comment s’en sortir, sans sortir”, répond Ghérasim Luca. Devant la caméra pour la première fois, le poète dit ses poèmes… “Entendre, voir, lire Ghérasim Luca, c’était redécouvrir le pouvoir primordial de la poésie, sa puissance oraculaire et sa vertu de subversion”, écrivait André Velter après la disparition du poète en février 1994. Né à Bucarest en 1913, résidant à Paris depuis 1952, Ghérasim Luca était un rebelle et un solitaire, même s’il fut proche d’André Breton et de certains surréalistes comme Victor Brauner et Wilfredo Lam. De Ghérasim Luca, Gilles Deleuze a écrit qu’il était le plus grand poète français vivant. Pour ceux qui assistèrent aux récitals qu’il donnait de loin en loin, ou qui le découvrirent dans Comment s’en sortir sans sortir, récital télévisuel réalisé par Raoul Sangla, sa présence était une transe calme, un envoûtement unique, inoubliable.


Performances

Vendredi 6 novembre / 20h30 / Salle 200 / 15€ ,12€*,10€**

• Michèle Métail, poète et créatrice de « poèmes sonores », ex-membre de l’OULIPO (Calvino, Perec, Marcel Duchamp…).
• Esther Ferrer, performeuse minimaliste espagnole, membre du groupe ZAJ (performance et musique expérimentale).
• LKJ aka Linton Kwesi Johnson, dub poet et musicien reggae britannique culte.
• Arnaud Labelle-Rojoux, performeur, mais aussi critique, historien de la performance.
• Joris Lacoste, auteur de théâtre et de radio, co-directeur des Laboratoires d’Aubervilliers de 2007 à 2009.
• & Emmanuelle Lafo, comédienne, cofondatrice du collectif F71.

Samedi 7 novembre / 20h30 / Salle 400 / 15€ ,12€*,10€**

• John Giorno, figure de l’underground new-yorkais des 60’s (proche d’Andy Warhol et du mouvement beat), gourou des musiciens no-wave des 80’s (debbie harry, new order, nick cave, sonic youth). Un poète-performeur incontournable.
• Beñat Achiary, chanteur basque
• Jayne Cortez, poète et chanteuse américaine
• & Bern Nix, guitariste américain d’exception entendu aux côtés d’Ornette Coleman, John Zorn, Marc Ribot ou encore James Chance…

+ d’informations: http://www.104.fr/#fr/Artistes/Blog/B158-Polyphonix_-_Jean-Jacques_Lebel?page=1


Programmation cinéma: Jean-Jacques Lebel, Kantuta Quiros, Aliocha Imhoff

Informations pratiques
:
CENTQUATRE
104 rue d’Aubervilliers / 5 rue Curial
75019 Paris – métros Crimée, Max Dormoy ou Stalingrad
http://www.104.fr

Remerciements : Les auteurs et ayants-droits

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