« Le procès d’une polémique.
Jan Karski, histoire et fiction
 »
(1H40, 2014) Dir. Aliocha Imhoff & Kantuta Quiros,
avec les étudiants du workshop mené en février 2014, option Information fiction de la Haute école d’art et de design – Genève, Frank Westermeyer, Bruno Serralongue et Pascal Beausse.

En 2009, l’écrivain français Yannick Haenel reçoit le prix Interallié pour son roman « Jan Karski » paru chez Gallimard, basé sur la vie du résistant éponyme, diplomate et courrier du gouvernement polonais en exil à Londres, témoin dès 1942 de l’horreur des camps nazis et chargé d’alerter les Alliés du sort réservé aux Juifs d’Europe. Jan Karski rencontre en 1943 le président Américain, à la Maison Blanche, durant un long entretien. Deux documents diplomatiques en attestent mais personne ne sait avec exactitude, ce qu’ils se sont dits, ni comment a réagi Roosevelt au récit de l’insoutenable. Souhaitant « témoigner pour le témoin », Yannick Haenel imagine dans la troisième partie de son livre, le déroulement de cette rencontre, et propose – face aux silences des archives, aux silences des témoins – une fictionnalisation de l’Histoire, à partir d’une approche délibérément intuitive. S’en suivra, durant tout le premier trimestre 2010, une très vive polémique, ouverte notamment, par le cinéaste et auteur de Shoah, Claude Lanzmann qui accusera Yannick Haenel de falsifier l’Histoire.
Cette vive et complexe polémique aura redéployé la question suivante dans l’espace public et médiatique : l’histoire est-elle contenue uniquement dans les documents, les sources, les traces matérielles laissées par le passé ou est-il parfois nécessaire, comme l’affirme Y. Haenel, de recourir à la fiction, en tant que mode de connaissance particuliers qui excèdent ou complètent ceux de la « science historienne »  ou l’approche documentaire ? A-t-on le droit de fictionnaliser l’histoire ?

A la suite de nombreux procès et tribunaux fictifs, notamment initiés par certains artistes et cinéastes contemporains (Anton Vidokle, Olive Martin & Patrick Bernier, Marcel Hanoun, Jean-Stéphane Bron, Abderrahmane Sissako, sans compter les incontournables procès surréalistes menés notamment par André Breton dans les années 1930), ce film entre esthétique judiciaire et espace verbal spéculatif, retrace ce procès fictif mené avec les étudiants de la HEAD.

Au travers de la présentation de documents et de témoignages, la cour et les jurés ainsi constitués par les étudiants de la HEAD déterminera du droit à fictionnaliser l’Histoire ainsi que de la responsabilité de l’artiste et de l’écrivain.

Première présentation publique dans le cadre de l’exposition „Counter-Histories / Counter-Stories“. A l’espace „Interim“ du Kulturbahnhof de Kassel. Une exposition, produit d’une collaboration entre Le Dokfest Kassel, la Kunsthochschule Kassel, Klasse Film Prof. Jan Peters et l’option Information fiction de la Haute école d’art et de design – Genève, Frank Westermeyer, Bruno Serralongue et Pascal Beausse.

Vernissage le 12 Nov. 2014, exposition du 13 au 16 novembre

 

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