Antiphotojournalisme
Fabriques médiatiques de la guerre

John Smith / Renzo Martens / Sean Snyder

Samedi 8 octobre & Samedi 19 novembre 2011, 11h
Cinéma des Cinéastes

 

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Casio, Seiko, Sheraton, Toyota, Mars de Sean Snyder, courtesy Galerie Chantal Croussel

Frozen War de John Smith (11 min, 2001, UK)
John-Smith-Frozen-War.jpgLa réponse spontanée aux bombardements en Afghanistan, déclenchée par une expérience déroutante dans la chambre d’un hôtel irlandais. «Dans Frozen War, l’artiste anglais John Smith, confiné dans une chambre d’hôtel, loin de chez lui, remet en cause les journaux télévisés lorsqu’il pose les questions qui ne sont jamais adressées.» Abina Manning, programme notes for Video Mundi Film Festival, Chicago.

Dirty Pictures de John Smith (14 min, 2007, UK)
John-Smith-Dirty-Pictures.jpgD’un hôtel de Bethléem à un autre dans Jérusalem Est, le cinéaste John Smith rencontre une série de problèmes impliquant un plafond, une caméra vidéo et l’occupation d’Israël en Palestine. Avec la première guerre du Golfe, a émergé le phénomène des journalistes couvrant la guerre depuis leur chambre hôtel, diffusant des images de la guerre fournies par les armées. Le théoricien des médias McKenzie Wark décrira cette mutation de l’expérience visuelle de la guerre comme télesthésique.

Depuis trois décennies, John Smith développe un corpus de films qui renverse et explore habilement les frontières de la perception entre vérité et fiction, représentation et abstraction. Ses films, vidéos et installations sont projetés dans de nombreuses salles de cinéma, des galeries d’art et à la télévision à travers le monde entier et ont remportés de nombreux prix, que ce soit au festival de Leipzig, Oberhausen, Hambourg, Cork, Genève, Palerme, Graz, Uppsala, Bangkok, Ann Arbor et Chicago.

Casio, Seiko, Sheraton, Toyota, Mars de Sean Snyder
(13 min, 2004-2005, Etats-Unis)
Sean-Snyder-Casio-3.jpgDans cet essai vidéo, Sean Snyder enchaîne une sélection d’images provenant de sources gouvernementales, amateures et photojournalistiques, les accompagnent d’un commentaire critique. En suivant les conventions et techniques du photojournalisme, la pièce de Snyder jette une lumière sur des décennies d’influence et d’engagement institutionnels étrangers en Irak et en Afghanistan. L’apparition répétée de produits, comme les tablettes de chocolat Mars, les camions Toyota et les montres Casio expose la capacité qu’ont les images véhiculées par les médias à servir accidentellement – ou peut-être à dessein – le placement de produits. 
Sean Snyder est né en 1972. Il habite et travaille à Berlin et Kiev. Son œuvre récente est le fruit d’une recherche sur la représentation de la guerre. Ses œuvres sont présentées à la 9e Biennale d’Istanbul (2005); dans le cadre d’InSITE au San Diego Museum of Art/Centro Cultural Tijuana (2005); lors de Living Inside the Grid au New Museum of Contemporary Art, à New York (2003); et de la Manifesta 2, à Luxembourg (1998).

Episode 1 de Renzo Martens (45 min, 2000-2003, Pays-Bas)
Renzo-Martens-Episode-1-2.jpgEn 2003, Renzo Martens réalise le film Episode I, dans lequel l’artiste voyage en Tchétchénie et endossele « rôle le plus important – mais rarement reconnu – dans toute guerre médiatisée : celui du téléspectateur, pour l’attention duquel on se bat. » Premier épisode d’une série où Martens interroge l’épistémologie des représentations journalistiques des guerres et la construction médiatique des conflits politico-militaires, Martens y met à jour les liens idéologiques entre production de l’image et de la vérité, architectonique du regard et relations d’autorité entre journaliste et réfugiés.
« La bataille médiatique est d’ailleurs bien plus importante que celle livrée avec des Kalashnikovs ou des bombes. Suivant ce constat, je n’ai donc pas demandé aux rebelles, aux réfugiés, ni aux soldats russes leurs impressions. C’était inutile. Je les ai en revanche harcelés avec des questions concernant mon ressenti. Finalement l’enjeu c’est ça, c’est moi, le spectateur. Le principal est de savoir comment je me sens, maintenant que leurs larmes coulent, que leur ville est en flammes. ». Renzo Martens, L’homme qui explique aux Pauvres comment exploiter leur misère, entretien avec Sabine Noble et Mathieu Chausseron in Entrisme numéro 5, Paris, juin 2010
Renzo Martens est un artiste hollandais. Son travail a notamment été présenté à la Biennale de Berlin 2010.

Curateurs: Aliocha Imhoff & Kantuta Quiros

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