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Le peuple qui manque
Lettre d'information
http://www.lepeuplequimanque.org

Bonjour !
Nous vous invitons chaleureusement à nos projections !

  • Le dimanche 26 novembre à 20h pour une séance du ciné-club de la Fondation Victor-Lyon de la Cité Universitaire de Paris. Nous présenterons trois films sur le thème du post-colonialisme.
  • Le mardi 12 décembre vers 22h (horaire à préciser) au cinéma La Clé pour une Carte Blanche offerte par le Festival des Cinémas Différents de Paris dont le thème cette année est le cinéma politique.

  • Nous avons le plaisir de vous annoncer notre nouveau site internet http://www.lepeuplequimanque.org
  • Appel d'offre: si vous avez réalisé un travail visuel (quelle que soit sa forme) autour des thématiques Queer, feminismes, identités, politiques, post-colonialisme, multitudes, etc., contactez-nous pour une éventuelle diffusion dans l’une de nos programmations.
Ciné-club de la Fondation Victor Lyon
Dimanche 26 novembre 2006 - 20h
« Ici ou là-bas »

Le peuple qui manque
propose le dimanche 26 novembre 2006 à 20h,
dans le cadre du ciné-club de la fondation Victor Lyon de la Cité Universitaire de Paris
un programme intitulé
« Ici ou là-bas »
Entrée libre

« On avait commencé, ici aux Antilles, par moquer les fils, ceux qui étaient nés là-bas en France (les sociologues disaient : ceux de la deuxième génération), (…) On s'évertuait de partout à les coincer laminairement entre deux impossibles, d'un ici et d'un là-bas, et entre deux identités, aussi frileuses et circonspectes l'une que l'autre, du Français et de l'Antillais. L'idée grossit alors que la seule ressource était l'intégration. Il y eut des leaders nationaux de l'intégration. Il fallait accomplir la citoyenneté irréversible, au lieu même où on vous l'avait accordée, et malgré même la résistance des citoyens patentés, dits français de souche. Mais ils sont, ceux-là qui naviguent ainsi entre deux impossibles, véritablement le sel de la diversité. Il n'est pas besoin d'intégration, pas plus que de ségrégation, pour vivre ensemble dans le monde et manger tous les mangers du monde dans un pays. Et pour continuer pourtant d'être en relation d'obscurité avec le pays d'où tu viens. L'écartèlement, l'impossible, c'est vous même qui le faites, qui le créez.» Extrait de Tout-monde / Edouard Glissant, Paris, Gallimard, 1995, pp. 324

#1 – Ici ou là-bas de Diden Zegaoui (1998, 52’, Médiathèque des Trois Mondes)
« Des entretiens poignants sur un aspect peu connu : le retour forcé en Algérie d’adolescents dont les parents n’imaginent plus leur intégration en France. Brutalement déracinés, ils sont obligés de faire le parcours inverse de celui de la génération précédente pour s’insérer dans un pays qu’ils ne connaissent pas ». (Médiathèque des trois mondes)

#2 – Entretien avec Pascal Blanchard, historien (10’, Oumma TV)
« La fracture coloniale en France est visible, mettez un pied dans une banlieue et regardez… »
Pascal Blanchard est chercheur au CNRS et co-auteur de « La fracture coloniale. La société française au prisme de l’héritage colonial ».

#3 – Un imaginaire pour une mondialité à faire (fragments de deux rencontres avec Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau) de Federica Bertelli (2002, 32’, Les périphériques vous parlent, Hors champ production)
Evoquant la colonisation des imaginaires en nos temps de mondialisation, deux écrivains martiniquais, Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau, dans une vision volontiers optimiste, qui part des langues et de la poésie disent leur confiance dans la possibilité d’une coexistence non-hégémonique des langues, des imaginaires et des peuples, la survie réinventée du divers.

En présence des Périphériques vous parlent

Fondation Victor Lyon
29 boulevard Jourdan 75014 Paris
Métro Cité Universitaire

Plan de la Cité Universitaire

Festival des Cinémas différents
Mardi 12 décembre
« Politiques de la marche »
Marches manifestantes, défilés, dérives et déambulations…

Du défilé martial des puissants infâmes et baroques de Ulrike Ottinger aux puissantes manifestations muettes ou parlantes de sujets politiques en marche, telles que celles de la Marche contre le sida de 1994 filmée par Sothean Nhieim ou des trans’en colère de l’Existrans 2005 filmée par le Groupe Activiste Trans, la politique se fait aussi dans la rue, on le sait. Qui est visible, qui peut occuper et transformer l’espace public. La marche, lieu de sa force, est aussi celui d’une possibilité d’invention du peuple. Si on peut y récupérer la parole, on y expose aussi son corps. Dans sa dérive sensible, Steven Cohen, danseur performer sud-africain, est « au milieu de ». Par sa marche outrée, vulnérable et énigmatique, sa présence vient intensifier le conflit des espaces et des conditions. Mais, offrant son corps splendide, et dans son ambigüité même, son geste se fait aussi adresse et don. La position de l’arpenteur est solitaire, et toute intérieure. Et dans Vidéolab, si elle est articulation d’une promesse de collectif, elle est d’abord de là où peut émerger la pensée, où se loger soi, dans un temps autre, suspensif, mais simultané à la lutte. Pensée qui témoigne, et inscrit à l’intérieur du film, dans le retrait dans la parole, et la coupure avec le spectaculaire, l’improbabilité même du film politique, toujours en deçà, s’il n’est pas insurrectionnel.

Superbia - Der Stolz de Ulrike Ottinger (Allemagne, 1986) - 15’
« C’est en moi qu’a poussé l’arbre du vice dont mes six filles sont les fruits du péché : la gourmandise, la paresse, l’avarice, la colère, la jalousie la luxure. Mais voyez vous-même le carrosse de Superbia emmené par les six autres péchés, dans une marche triomphale et accompagné d’une large escorte… »
Ulrike Ottinger, réalisatrice allemande à l’œuvre depuis les années 70, dont le travail allégorique, souvent qualifié de féministe et apparenté également au cinéma queer, est encore trop méconnu en France.

Chandelier de Steven Cohen (Afrique du Sud, 2002) – 17’
La vidéo de Chandelier a été réalisée au milieu des SDF noirs de Johannesburg pendant la destruction de leur
bidonville par les employés municipaux de la ville (habillés en rouge) dans un ballet où la violence est omniprésente. « Les artistes ont toujours dépeint la vie sociale de leur époque, par mes déplacements en chandelier-tutu à travers le bidonville en état de destruction et par le fait de filmer, c’est ce que je fais aussi : une peinture digitale de la vie sociale, à moitié imaginaire, et à moitié horriblement vraie ».
Le travail de Chandelier révèle à travers l'art de la performance, de la danse et du film, les contradictions entre l'Europe et l'Afrique, les blancs et les noirs, les riches et les pauvres, l'ombre et la lumière, le privé et le public, les forts et les opprimés, la sécurité et le danger". (texte extrait du programme des Ballet Atlantiques, pour la présentation du spectacle not so good, Steven Cohen).

1er Decembre 1994 (Marche contre le Sida) de Sothean Nhieim (France, Super 8), 13’
Les émotions des marcheurs semblant comme palpables à l’extérieur, ce qui étreint le cœur dans la splendeur triste et glacée de cette marche nocturne, c’est que la ville ne parle plus que de ça.

Existrans - XXBoys du GAT (Groupe Activiste Trans) – 4’- 2005
Lors de l’Existrans 2005, les pirates XXBoys filmés par le Groupe Activiste Trans clament haut et fort la beauté de leurs corps trans, de leur genre et de leur colère contre les politiques publiques, tissant de leurs présences singulières, la force de leur voix collective.

Vidéolab de la Coordination des Intermittents et Précaires d’Ile de France
Le videolab est un dispositif multimédia d’énonciation collective ouvert à tous qui se tient régulièrement à la CIPIdF (Coordination des Intermittents et Précaires d’Ile de France) quai de Charente. Pour l’instant, au long de déambulations nous avons tenté d’interroger nos trajectoires et nos expériences de vie à travers la question de l’intermittence. Nous avons aussi essayé d’expliciter nos relations à la forme « coordination ». Nous nous sommes encore demandé comment se compose pour chacun la question du revenu et celle du travail (salaire), celle du temps (dans et hors emploi), celle de l’emploi (forme et contenu) avec notre part d’incommensurable et de désir. Le dispositif du videolab présuppose l’indistinction entre « acteur » et « spectateur », entre producteur-réalisateur d’images et sujets filmés, entre experts et sujets d’enquête. C’est un dispositif de production de publics qui dénoue les séparations, les hiérarchies, les rôles : qui est constituant d’un Nous par la médiation de la vidéo. Par la suite le videolab se propose d’intervenir sur les points de lutte qui viendraient à s’ouvrir sur les territoires. À chaque fois les images produites par le dispositif à la CIPIDF, dans la rue, les usines, les ANPE seront projetées dans le nouveau lieu d’intervention, déclenchant une nouvelle expérience d’énonciation collective, de constitution d’un sensible, de fabrication d’un partage.

Invités (sous réserve) : CIPIdF, Sothean Nhieim.

Au cinéma La Clef,
21 rue La Clef, 75005 Paris,
Métro Censier Daubenton

Tarif: 5€ (ou pass festival)

Pour + de renseignements et le programme complet du festival:
http://www.cjcinema.org/


« Le peuple qui manque » est une structure de programmation de films.
+ d'infos: http://www.lepeuplequimanque.org
lepeuplequimanque@no-log.org

Programmation: Kantuta Quiros & Aliocha Imhoff

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